Biograhie, Carnets de Guerre et Poèmes 1914-1916

Paru en 2006

Souvent comparé à Rupert Brooke, soldat-poète anglais également tué pendant la Première guerre mondiale, pour ses vers idéalistes et patriotiques, Alan Seeger s’est surtout rendu célèbre pour le poème J'ai un rendez-vous avec la mort.
Pourtant, en 1914, Alan Seeger avait déjà écrit suffisamment de poèmes pour espérer une publication de recueil rassemblant ses vers.
 En 1912, envoyé par ses parents étudier à Paris, Alan Seeger quitte la bohème de Greenwich Village pour celle du Quartier Latin, où il s’installe. Se délectant de ce mode de vie insouciant et idéaliste, il puise de la capitale française de nombreux poèmes célébrant la vie, l’amour et le plaisir. Ses premiers poèmes seront publiés par Charles Scribner's Sons en 1916. Jugés trop idéalistes et conventionnels, ses vers ne rencontrent pas le succès escompté.
Pendant la Grande Guerre, il passe par la Champagne fin 1914, combat au Chemin des Dames en 1915, et rejoint le front de la Somme en mai 1916. Fidèle à son idéal romantique, il écrit des poèmes qui encensent la beauté de l'action combattante et la noblesse du sacrifice.
Ses lettres, publiées avec son journal dès 1917, témoignent également des valeurs chevaleresques et héroïques qui l'animent ; à l’image de celle-ci, datée du 28 juin 1916[1]. 
Les derniers instants du poète sont relatés par son ami égyptien, Rif Baer, dans Letters and diary of Alan Seeger, Charles Scribner's Sons, 1917:
« Après avoir passé la nuit à Fontaine-lès-Cappy, nous avons avancé au matin vers les anciennes premières lignes allemandes. J'ai passé presque toute la journée avec Alan. Il était parfaitement heureux.
"Mon rêve se réalise, m'a-t-il dit. Demain, nous attaquerons peut-être. Je suis plus que satisfait mais c'est dommage pour la perme du 4 juillet. Je devrai attendre le 6 ou le 7 pour revoir Paris. Et si la perme ne m'est pas accordée, Mektoub, Mektoub ![2]"
Il a prononcé ces derniers mots en souriant. »[3]

[1] Letters and Diary of Alan Seeger, Charles Scribner’s Sons, 1917, accessible en anglais à l’adresse https://archive.org/stream/diaryalanseeger00alanrich#page/212/mode/2up
[2] Expression arabe exprimant une forme de fatalité. On pourrait traduire par « c’était écrit », ou « c’est le destin ».
[3] Traduction de Francis Grembert