Sagittarius Rising

Paru en 1936

Les mémoires de pilote de Cecil Lewis nous font découvrir un aspect méconnu de la Grande Guerre, qui contraste avec l'expérience des fantassins et des artilleurs. L'ouvrage relate les missions qui incombent à un pilote : la reconnaissance, la photographie aérienne et la transmission de données à l'artillerie. Les duels avec les as de l'aviation allemande ne sont pas en reste. Lewis est crédité de huit victoires. Ses mémoires, au style alerte, nous permettent de partager à la fois le sentiment d'ivresse propre aux missions aériennes et la sensation de risque. Il faut savoir que la longévité d'un pilote pendant la Grande Guerre est en moyenne de trois semaines.
Cecil Lewis ne donne pas pour autant dans l'héroïsme facile ni ne sacrifie au mythe de la noblesse du ciel, qui est devenu un des clichés des débuts de l'aviation militaire. Sa vue privilégiée du champ de bataille atteste de la dévastation provoquée par la guerre. Il n'hésite pas à parler « du phénoménal gâchis en vies humaines et en matériel pour gagner un kilomètre ou deux ». Si en 14-18, un avion ne sert que rarement à bombarder les soldats au sol, Lewis pressent que l'aviation tiendra un rôle major dans les conflits à venir. En 1936, date de parution de Sagittarius Rising, il prévoit et déplore les futurs bombardements de civils.