L'ordre du jour

Paru en 2006

LOrdre du jour, censuré et interdit par les nazis en 1933, trois après sa publication, fut salué par la critique dès sa sortie. Relativement méconnu en comparaison des célèbres A l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque (1929) et Orages d’Acier d’Ernst Jünger (1920),  l’ouvrage s’inscrit dans la tradition littéraire née de la fin de la Grande Guerre qui condamne purement et simplement la guerre.
Heeresbericht, titre original de l’œuvre que l’on pourrait traduire en français par « Rapport sur l’armée », est un récit critique, très largement autobiographique, inspiré de l’expérience combattante de son auteur, Edlef Köppen, sur le front français et russe d’octobre 1914 à octobre 1918.
L’histoire est celle du canonnier Adolf Reisiger, engagé volontaire de vingt ans, envoyé dès le début de la guerre sur les champs de bataille du nord de la France. On le suit près d’Arras,  puis lors de la bataille de Notre-Dame-de-Lorette, ou encore pendant la bataille de la Somme où il est blessé à la poitrine. Après une hospitalisation de deux mois, il est envoyé fin 1916 en Russie, avant de rejoindre à nouveau le front Français au printemps 1918, où l’armée allemand connait la défaite.
Si le début de l’ouvrage est marqué par le patriotisme et le sens du devoir du narrateur, celui-ci évolue rapidement vers le dégoût de la guerre, et en dénonce les plus inhumains aspects: la mort de masse, brutale et soudaine, les armes et techniques toujours plus violentes, comme les gaz et les tanks, et s’enfonce jusque dans la folie. 
Proche des expressionnistes, l’ouvrage de Köppen est marqué par un style littéraire moderne et incisif. Comparable à un collage littéraire, le récit entrecoupé d'ordres du Jour, d'articles de journaux, de documents historiques, ou d’encarts publicitaires, est ressenti comme autant de heurts face aux mots tirés du journal de l’auteur.