Et Chaque Lent Crépuscule

Paru en 2001

Dans la préface de son recueil de poèmes publié en 1918, Wilfred Owen écrit : Mon sujet est la guerre et la compassion qu'elle engendre. La poésie est dans la compassion... Aujourd’hui, le rôle du poète se résume à mettre en garde. Ses poèmes ne dénoncent pas la guerre en tant que telle mais insistent sur sa brutalité et ses conséquences à l’échelle individuelle. Owen sait aussi faire preuve d’une ironie toute britannique, qui cherche à mettre en perspective des réalités fortes et contradictoires. A cet effet, il recourt à des images puissantes, qui visent à déranger sans pour autant aboutir à un discours de dénonciation. Son poème Dulce et Decorum Est a été écrit en opposition à tous les « versificateurs patriotes » qui encombraient les pages des journaux de leur production fade et mensongère. Les poèmes de Wilfred Owen laissent une large part à l’indignation et à la compassion, exprimées avec une très grande maîtrise stylistique.
  Pendant les mois où il a combattu en France, Wilfred Owen a écrit de nombreuses lettres, la plupart adressées à sa mère. Ces lettres se distinguent par leur spontanéité et méritent autant l'attention que ses poèmes. Elles nous permettent de suivre son parcours de combattant et l'évolution de son état d'esprit de décembre 1916 à novembre 1918. Elles révèlent également un indéniable talent d'écriture autobiographique.