Adieu à Tout Cela

Paru en 1957

 Adieu à tout cela compte parmi les œuvres les plus connues de la littérature de la Grande Guerre. L’ouvrage consiste en une série de scènes de genre qui s'apparentent parfois à la comédie, voire à la farce. Graves met véritablement en scène son expérience de guerre, n'hésitant pas à y inclure des anecdotes de son cru pour créer certains effets. Les procédés de la comédie appliqués à l'horreur de la guerre aboutissent à une réussite littéraire évidente.
Le livre crée immédiatement la polémique. Graves doit répondre à de nombreuses actions en justice. Edmund Blunden s'indigne du contenu du livre et déclare : Robert Graves a publié, pour l'argent, une autobiographie détestable et mensongère. Plus véhémente encore est la réaction de Siegfried Sassoon, qui après avoir lu les épreuves du livre exige qu’on y retire deux passages d’ordre privé le concernant.
Toutes ces controverses contribueront en partie au succès du livre. Si Graves a écrit Adieu à tout cela dans l’urgence et s’est peu soucié de vérité factuelle, ses mémoires n’en sont pas moins le reflet de son expérience personnelle de la guerre. Il avait déclaré au début des années 20 que la vérité littérale était relativement peu importante. Selon lui, un artiste pouvait dire la vérité en condensant les faits pour leur apporter une certaine dramatisation. Le style alerte de Graves rend son ouvrage passionnant à lire et l’inscrit dans une tradition picaresque que l’on aurait tort de décrier. Par sa désinvolture, Gaves semble avoir voulu désacraliser la notion de témoignage de guerre. La réalité combattante est fondamentalement multiple. Elle admet différentes formes. Adieu à tout cela est en définitive un ouvrage où l'artifice et la satire n'ont d'autre but que de nous dire l'absurdité de la guerre.