Biographie, Carnets de Guerre et Poèmes 1914-1916

Paru en 2006

Le poème J'ai un rendez-vous avec la mort assura à Alan Seeger une gloire posthume qui n'a pas faibli avec le temps. Avec Rupert Brooke, dont les sonnets exaltés symbolisent aujourd'hui l'état d'esprit qui régnait au début de la guerre, Alan Seeger est devenu le chantre de la mort glorieuse au combat. Sa poésie est assez conventionnelle, usant d'images romantiques parfois stéréotypées, mais elle témoigne d'une exaltation sincère, revendiquée par de nombreux combattants. Si aujourd'hui la poésie de la Grande Guerre est essentiellement associée à la désillusion, voire à la dénonciation d'idéaux mensongers, il ne faut pas pour autant déprécier les poèmes enflammés de Seeger et de quelques autres. Contrairement aux idées reçues, la ferveur patriotique a perduré jusqu'à la fin du conflit chez une part non négligeable de combattants. La jeune génération d'écrivains en herbe qui s'est engagée en 1914 était pétrie d'idéaux hérités de l'ère victorienne. L'héroïsme n'était pas pour eux une simple notion valorisante mais bien une motivation revêtant un caractère sacré. Dans un de ses poèmes, Alan Seeger affirmait que la gloire était le rêve du soldat. Il aimait également citer les deux vers célèbres de Thomas Mordaunt: Une heure comblée de gloire / Vaut tout un âge sans renom.