Kurze Prosa

Si la guerre n’avait pas aussi brutalement écourté la vie de Gerrit Engelke, on peut imaginer qu’il serait devenu l’un des poètes de guerre les plus respectés en Allemagne à cette époque.
Bien qu’il n’écrive véritablement sur la guerre qu’à partir de 1917, la puissance du verbe des poèmes ‘Livre de Guerre’[1] et ‘Aux Soldats de la Grande Guerre (In memoriam August Deppe)’ [2] laisse entrevoir la qualité des poésies qu’il aurait pu tirer de son expérience combattante. Son œuvre, qu’elle soit poétique ou narrative, est marquée  par la profondeur et la sincérité de sa voix. Très influencé par le poète américain Walt Whitman qui affirme à l’âge de trente-six ans « en excellente santé, je peux commencer à écrire », Gerrit Engelke affirme au fur et à mesure son style et son identité.[3] Son écriture gagne en intensité et en vivacité. Les émotions que celle-ci suscite témoignent de la sensibilité de l’auteur, sa part d’humanité.  
Ses poèmes seront publiés dans le recueil  Rhythmus des neuen Europa (Rythme de la nouvelle Europe) en 1921. L’ensemble de ses œuvres seront publiées en 1961 dans Das Gesamtwerk. Rhythmus des neuen Europa (Les œuvres complètes. Rythme de la nouvelle Europe) où l’on retrouve également une partie de ses lettres écrite de 1912 à 1918.
Cet extrait est tiré du journal de guerre de l’auteur, intitulé Kurze Prosa, accessible librement sur le site internet du Projet Gutenberg.

[1]  ‘Buch des Krieges‘
[2] ‘An die Soldaten des Grossen Krieges’ (In memoriam August Deppe)
[3] Ed Folsom, Kenneth M. Price, Re-Scripting Walt Whitman: An Introduction to His Life and Work, Wiley-Blackwell, 2005, p.19