Undertones of War

Paru en 2000, première édition en 1928

Quand Edmund Blunden fait paraître ses mémoires de guerre sous le titre d’Undertones of War, en 1928, la critique est unanime pour louer les qualités de l’ouvrage. Cette chronique douce-amère se démarque par son rejet de tout sensationnalisme. Blunden choisit délibérément la demi-teinte et l’euphémisme. Plusieurs critiques de l'époque ont qualifié le livre de long poème en prose. Et il est vrai que le style, très travaillé, nous invite à emprunter les chemins détournés pour nous faire découvrir toutes les facettes de la vie au front.
 
« Je n'étais pas impatient d'y aller ». Ainsi commence le livre. Le ton est donné. Contrairement à Sassoon et à bien d'autres, il ne connaît pas le passage brutal de l'enthousiasme naïf d'août 14 à la perte de toute illusion. Il s'agit plutôt chez lui d'une lente érosion. Sans démonstration, avec un regard presque détaché et volontiers ironique, il nous propose de suivre mois après mois la vie d'un régiment. De l'Artois aux Flandres en passant par la Somme, la guerre d'Edmund Blunden est une réalité complexe, dont l'auteur rend compte sans discours superflu. Il nous propose une exploration quasi topographique de la réalité combattante. Le théâtre des opérations de la guerre n'est pas un vaste ensemble uniforme. Le combattant vit dans un secteur et non un autre, avec tel schéma de tranchées et de boyaux et non tel autre. Comme, il l'écrit, « chaque tranchée de communication et chaque ouvrage de sacs de terre était à mes yeux une figure personnelle et unique, distincte de toutes les autres ». Cette volonté quasi obsessionnelle de décrire dans le détail les tranchées, les villages de l'arrière et les cantonnements aboutit à une représentation exhaustive de la vie combattante qui nous la rend particulièrement proche.