Lichtenstein Alfred

AUTOUR DE PERONNE

Alfred Lichtenstein

ADIEU
(pour Peter Scher, juste avant le départ au front,)

Je veux finir mon poème avant de mourir,
Silence, camarades, ne me dérangez pas.

Nous partons à la guerre. La mort est notre ciment.
Oh, si seulement ma chérie sanglotait avec moi.

Qu’est-ce que je peux faire. Je veux bien crever.
Ma mère pleure. Il faut être de fer.

Le soleil dégringole sur l’horizon.
On me jettera bientôt dans un paisible charnier.

Au ciel le bon vieux couchant rougeoie encore.
Dans treize jours peut-être je serai mort.

Extraits d'oeuvres - Alfred Lichtenstein