Avant-première du film ‘Beaumont-Hamel’

SAMEDI 30 JUIN – 17H00 // A THIEPVAL

Soyez les premiers à voir le film ‘Beaumont-Hamel’ au Musée de Thiepval!

‘Beaumont-Hamel’ est un film co-réalisé par un cinéaste et un historien militaire:
« Durant ses deux années d’expérience de guerre, le réalisateur Geoffrey Malins eut une opportunité extraordinaire: filmer la grande offensive qui mettra peut-être fin à cette Grande Guerre. The Battle of the Somme (La Bataille de la Somme)  sera un film qui le caractérisera à jamais comme l’un des grands cinéastes de son époque.

Alors que Malins se réveille le matin du 1er juillet dans une tranchée occupée par les allemands, non loin du village de Beaumont, il se lance dans une mission qu’il planifie depuis de nombreux mois. Ce jour-là, il capture sur pellicule les combats et la puissance de feu la plus féroce que l’humanité eut à offrir.  »

Plus d’informations sur le film via https://www.8000ftmedia.com/

Diffusion en anglais – Narration par Andy Robertshaw – Entrée gratuite

Réservation : 33(0) 3 22.74.60.47 ou  thiepval-accueil@historial.org

 

Visites thématiques

SAMEDI 9 JUIN ET DIMANCHE 17 JUIN

Les visites flashs thématiques sont de retour au musée à Péronne. A chaque période de vacances scolaires, mais aussi pendant quelques week-ends. Au programme, un médiateur vous donne les clefs de lectures du musée et vous fait découvrir un thème durant une visite flash de 45 minutes.

Curieux, passionnés ou si vous souhaitez simplement en apprendre davantage sur un thème de la Grande Guerre, les Chroniques sont faites pour vous !

Samedi 9 juin

15h – Les animaux

Dimanche 17 juin

15h – Amours en guerre (Exposition temporaire)

Avec le billet d’entrée /Gratuit pour les porteurs de la carte d’adhérent “les Amis de l’Historial”

Rendez-vous à l’accueil du musée

Informations par téléphone au 03 22 83 14 18 / Visites au musée de l’Historial à Péronne uniquement

Horloge coloniale allemande

Nationalité de l’objet : Allemande
Catégorie :
Date : Avant-guerre
Localisation : Exposé

Description :« Une place au soleil » : cette devise n’existait pas au début de l’Empire allemand. Otto von Bismarck, le « chancelier de fer », voyait l’Empire lors de sa fondation comme saturé, c’est à dire comme « fini ». Ce ne fut qu’en 1884 qu’une véritable « fièvre coloniale » éclata et que Bismarck commença à assurer la protection des compagnies coloniales allemandes. Cette année-là et la suivante, l’Empire acquit une grande partie des ses colonies: le Cameroun, le Togo, la Tanzanie, la Namibie et l’archipel de Bismarck (aujourd’hui la Papouasie-Nouvelle Guinée).

Sur la « Deutsche Reichs-Colonial-Uhr » (littéralement « Horloge coloniale de l’Empire allemand ») plusieurs thèmes sont représentés: la juxtaposition de l’allusion à la politique navale allemande (« Unsere Zukunft liegt auf dem Wasser! » – « Notre avenir se trouve sur la mer ») et de la reprise directe de la devise anglaise « The Empire in which the sun never sets » (« L’Empire où le soleil ne se couche jamais ») permet de représenter l’envergure mondiale des possessions allemandes. Ces colonies forment le socle de la renommée mondiale : le boîtier de l’horloge est orné de motifs africains typiques comme des serpents, des palmiers, une cabane d’indigène, un cavalier sur un chameau ou un éléphant. Au dessus de ceux-ci, flotte une bannière avec le texte et un aigle allemand couronné.

Le cadran dispose d’un disque particulier qui indique l’heure actuelle dans les différentes colonies par rapport à l’Empire (« M.E.Z. » : l’heure d’Europe centrale). Le propriétaire de l’horloge pouvait alors voir qu’à n’importe quelle heure le soleil brillait quelque part dans l’Empire et être assuré que l’Allemagne était effectivement devenue un empire mondial. Cette prise de conscience a été en Allemagne très importante pour la perception de sa propre valeur.

Porte sculptée

Nationalité de l’objet : Française
Catégorie : Artisanat
Date : Après-guerre
Localisation : Exposé

Description : Cette porte sculptée est un objet exceptionnel tant par son iconographie que par le témoignage original qu’elle véhicule. L’histoire orale rapporte qu’elle aurait été réalisée à Reims et remise à titre de paiement vers 1920 à un artisan tapissier de cette ville.

Dans un style naïf, les quinze scènes en bas-relief relatent les traumatismes d’une famille, depuis la mobilisation du père et sa blessure dans les tranchées, jusqu’à la mort de sa femme et de son fils par bombardement, décès qui précédent le sien.

Les thèmes retracent de manière dramatique la perception de la guerre : le déchirement du départ ; le couple ; le fils ; la blessure ; les permissions ; la guerre moderne aérienne avec ballon captif et avion ; les destructions matérielles de l’arrière-front : le chien de la Croix-Rouge et les ânes des tranchées ; l’omniprésence de la mort.

Si certaines scènes s’inspirent visiblement de représentations de l’époque, le déroulement de l’histoire frappe par sa complexité et reflète certainement l’expérience vécue. Le panneau 15 illustrant l’aspect interminable de la guerre des tranchées déjoue les interprétations patriotiques et pacifiques attendues.

Les éléments décoratifs et fonctionnels réalisés avec une fusée d’obus et d’autres composants d’obus, renforcent l’aspect mémoriel : la poignée de la porte oblige à « prendre » la guerre à pleine main.

Ainsi, cette histoire en images croise le front et l’arrière, le deuil intime et familial et qui rappelle les destructions des régions proches de la ligne de front. Il s’agit d’un artisanat du souvenir, qui a permis à un anonyme d’exprimer son odyssée de la guerre de façon pérenne.

[A Livre Ouvert]

Rien de tel que le cadre de notre prochaine exposition pour nous donner envie de découvrir, ou redécouvrir, les lettres et poèmes d’écrivains plongés dans l’horreur du conflit, sur le thème de l’amour en guerre.

Nourris de l’amour qu’ils vouaient à leurs femmes, amantes et muses adorées, de nombreux auteurs ont laissé des œuvres fortes et intenses, distillant au fil des pages de leurs ouvrages ou correspondances de grands élans sentimentaux, empreints d’affection, d’émotion et de passion, mais aussi teintés de désir et d’impressions de manque de l’autre.   

 

Guillaume et Lou

Entre septembre 1914 et février 1915, Guillaume Apollinaire et Louise de Coligny Chatillon se sont aimés et se sont écrits.

Le 27 septembre 1914, Guillaume se rend au restaurant Bouttau, dans le vieux Nice, déjeuner avec quelques amis. Guillaume y fait la connaissance de Lou, jeune femme « ardente et indépendante »[i] de trente-trois ans, qui le fascine. Le coup de foudre est immédiat :

« Nice, le 28 septembre 1914.

Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d’hier soir, j’éprouve maintenant moins de gêne à vous l’écrire. Je l’avais déjà senti dès ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et beaux yeux de biche m’avaient tant troublé que je m’en étais allé aussi tôt que possible afin d’éviter le vertige qu’ils me donnaient.  C’est ce regard-là que je revois partout, […]. »[ii]

Ce sera le début d’une passion aussi intense qu’éphémère. Peu à peu les lettres de Lou se font rares et la relation s’étiole.

Lou déçoit le poète qui se consolera auprès de Madeleine Pagès.

 

Si je mourrais là-bas

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

30 janvier 1915, Nîmes.

La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang

 

Pour plonger un peu plus dans cette brûlante correspondance :

 

Exposition « Amours en Guerre », du 19 Mai au 15 Décembre 2018.

Illustration: Calligramme de Apollinaire, poème du 9 février 1915 – Domaine public.

[i] Préface de Michel Décaudin, Lettres à Lou, nouvelle édition revue et complétée par Laurence Campa, éditions Gallimard, 2010.

[ii] Ibid. p.11