Wilfred
1893 - 1918
Owen

Depuis 1918, la renommée littéraire de Wilfred Owen n’a cessé de grandir. Poète inconnu de son vivant, il est devenu aujourd'hui une des références poétiques incontournables de la Première Guerre mondiale. La Maison Forestière d'Ors dans le département du Nord, aménagée en 2011, en témoigne. C’est dans la cave de cette bâtisse que le poète-combattant a passé sa dernière nuit, le 4 novembre 1918.
Professeur d'anglais à Bordeaux au moment de l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Wilfred Owen attend juin 1915 pour se porter volontaire et postuler aux Artists’ Rifles. Arrivé à Étaples le 30 décembre 1916, il rejoint le secteur de Doullens, celui de Serre à la mi-janvier, puis de Saint-Quentin en Avril.
Très vite, la violence des bombardements le déstabilise au point qu’il est déclaré "neurasthénique", euphémisme qu’utilise l’armée pour décrire les commotions entraînant des troubles psychologiques. Il est envoyé à l’hôpital psychiatrique de Craiglockhart, près Edimbourg, où il rencontre Siegfried Sassoon, également hospitalisé dans le centre de soins écossais. Les deux hommes deviennent amis et discutent longuement de l’art poétique et de la façon dont il peut rendre compte de la guerre. Au contact de Sassoon, Owen prend confiance dans sa technique et trouve la voix innovante qui fera de lui un poète de renom.
Au terme de sa période de convalescence, Wilfred Owen est déclaré apte à reprendre du service et repart en France le 31 août 1918. Il rejoint son bataillon à Corbie, dans la Somme, avant d’être transféré dans un secteur de l’Aisne.
A la fin du mois d’octobre, son unité se bat le long du canal Sambre-Oise. Le 2 novembre, elle reçoit l’ordre de le franchir. La manœuvre est périlleuse et tout repli inenvisageable. Le 4 novembre, Wilfred Owen est tué en franchissant le canal. La nouvelle de sa mort parvient à sa famille au moment même où est annoncé l’Armistice. Son corps est enterré dans l’extension militaire du cimetière communal d’Ors. Sa mère fera graver sur sa stèle un extrait de son poème The End.


Extraits d'oeuvres - Wilfred Owen