Vera
1893 - 1970
Brittain

Quand Vera Brittain entre à Oxford, la guerre vient d'éclater. Si au début, elle se concentre sur ses études, le départ de son ami Roland pour le front change la donne. A la fin de l'année universitaire, elle décide de participer à l'effort de guerre et devient aide-soignante dans un hôpital londonien. La mort de Roland, à Hébuterne en décembre 1915, est une épreuve qui lui semble insurmontable. Elle décide alors d'aller soigner les blessés du front oriental à Malte. L'année suivante, elle rejoint un hôpital à Etaples. En juin 1918, son frère Edward tombe sur le front italien. Profondément marquée par ces deux morts, elle reprend ses études après la guerre mais connaît une période de dépression. Le travail et l'ambition lui permettent toutefois de remonter la pente.
Féministe, proche du parti travailliste, militante pour la Société des Nations, Vera se lance dans une carrière de journaliste et d'auteure. C'est à la fin des années 20 qu'elle entame l'écriture de Testament de jeunesse, qui sera un grand succès en librairie dès sa sortie. Devenue une auteure reconnue, elle donne régulièrement des conférences aux Etats-Unis et entame un combat pacifiste, qu'elle poursuivra pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses positions radicales lui valent d'être mise à l'index. Malgré la publication de nombreux romans et essais, elle ne renouera jamais avec le succès que lui a valu Testament de jeunesse.
Dans son œuvre, elle ne cesse de revenir sur le traumatisme créé par la Grande Guerre. Devenue le porte-parole féminin de la génération perdue, elle s'est attelée à dénoncer l'attitude irresponsable des grandes nations face à la montée de nouveaux périls. A l'instar des historiens actuels, elle ébauche à sa façon l'idée d'une seule grande guerre allant de 1914 à 1945.