Robert
1895 - 1985
Graves

Quand la guerre éclate, Robert Graves renonce à entrer à Oxford et s’engage dans l’armée, trop heureux d’échapper temporairement aux études et à l’emprise de son père. Pour bon nombre de jeunes recrues, la guerre a été l’occasion de passer de l’adolescence à l’âge adulte loin de leur milieu social et de leur famille. Robert Graves suit la formation pour devenir officier dans les Royal Welsh Fusiliers et arrive en France en 1915. Il publie son premier recueil de poèmes, Over the Brazier, en 1916.
Au cours de la bataille de la Somme, il reçoit un éclat d’obus dans le poumon. Déclaré mort par erreur, il aura la surprise de lire sa propre notice nécrologique dans le Times. Après avoir été soigné en Grande-Bretagne, il se rétablit lentement et passe quasiment le restant de la guerre sur le sol anglais, ayant en charge l’instruction des nouvelles recrues. Rongé par la culpabilité, il repart toutefois en France, mais sitôt arrivé en ligne un médecin lui ordonne de retourner en Angleterre.
Les années de guerre ont durement affecté Robert Graves. Dès sa démobilisation, il fait le serment de ne plus jamais être sous les ordres de qui que ce soit et décide de vivre de sa plume.
En 1925, il obtient un poste à l’université du Caire. Il quitte ensuite femme et enfants pour s'installer à Majorque, avec un désir évident de faire table rase du passé, comme l'indique le titre de ses mémoires de guerre, publiés en 1929 : Au-revoir à tout cela.
Par la suite, Robert Graves bâtit une œuvre littéraire de grande qualité, qui au total compte plus de cent titres : poésie, romans, nouvelles et essais. Devenu un spécialiste des mythes grecs, il écrit sur le sujet des ouvrages considérés comme des références. De 1930 à sa mort, en 1985, il résidera sur l’île de Majorque, sauf pendant la guerre civile espagnole. Il ne reviendra quasiment plus jamais par écrit sur son expérience douloureuse des tranchées et refusera même que ses poèmes de guerre soient réédités.