Pierre
1882 - 1970
MAC ORLAN

Picard d’origine, Pierre Mac Orlan, de son vrai nom Pierre Dumarchey, publia son premier livre en 1911. Mobilisé le 2 août en 1914 à Toul, il est mitrailleur dans le régiment de Georges de la Tour du Pin. Blessé devant Péronne le 14 septembre 1916, il est réformé après avoir participé aux engagements en Lorraine, en Artois et à Verdun. Puisant dans ses souvenirs et adaptant son expérience de guerre aux fantaisies de son imagination, il se remet à travailler et à écrire.
De son expérience Mac Orlan, a rapporté des témoignages dans Les poissons morts (1917), La fin (1919), Devant la Meuse (1934) regroupés dans Propos d’infanterie en 1936. Il exprime dans ses textes, avec honnêteté, le point de vue du combattant ; l’étalement des publications, de 1917 à 1939 montre bien que le conflit a marqué profondément la sensibilité de l’écrivain. Comme les autres soldats, il a vécu les tranchées, la peur de mourir, l’attaque de l’ennemi.
Dans les œuvres de Pierre Mac Orlan, le recours symbolique aux animaux contribue à exprimer une sensibilité aux impressions, aux détails annonçant horreur, peur, catastrophe, mutilations… Mais ils deviennent aussi la caricature des hommes au combat qui se révèlent être des bêtes ; Mac Orlan se compare d’ailleurs à un animal dans son terrier.
La guerre a imposé un brusque vieillissement à Mac Orlan ; ses personnages la garderont en eux comme une maladie, un souvenir obsédant. La blessure n’a pas seulement marqué son corps mais a également inscrit en lui un pessimisme lucide dont il ne se séparera plus. Il excelle à peindre la solitude, la misère des personnages en marge, à la sensibilité parfois exacerbée. La guerre le contraint à montrer ce qu’elle a de sérieux, alors qu’il voulait des livres amusants au bord de la cocasserie.