Ivor
1890 - 1937
Gurney

Rejeté une première fois en 1914 en raison de sa myopie, Ivor Gurney sera accepté dans les rangs de l'armée britannique l'année suivante, les critères d'incorporation ayant été revus à la baisse. S'il s'engage par patriotisme, il espère également que la discipline militaire le stabilisera. Ivor Gurney souffre en effet d'un état psychologique précaire. Resté simple soldat tout au long de son service en France, il ne parviendra jamais à se fondre véritablement dans le moule. Un de ses supérieurs lui lance régulièrement : « Ah, Gurney, j’ai bien peur qu’on ne fera jamais un soldat de vous ! »1 Malgré cela, il connaîtra pendant un an et demi les secteurs de l'Artois, de la Somme et des Flandres, et s'acquittera noblement de sa tâche.
Dans les tranchées, il ne cessera d'écrire des poèmes et de composer de la musique. Gazé à Saint-Julien, près d'Ypres, il est évacué en Angleterre en septembre 1917. Après l'Armistice, il connaît trois années de production musicale et poétique intense. Mais en 1922 il sombre définitivement dans la folie. Les poèmes qu’il écrit pendant ses années d’internement possèdent une immédiateté qui laisse à penser que la guerre ne s’est pas arrêtée pour lui. Il meurt de la tuberculose en 1937.


1 Lettre à Marion Scott, 3 février 1917
 


Extraits d'oeuvres - Ivor Gurney